Le projet « Quantum City » : construire des villes intelligentes qui protègent les libertés individuelles
Et si le plus grand obstacle à la construction de villes meilleures n'était pas la technologie ? C'est la confiance. La Chine est en tête dans le déploiement des villes intelligentes. L'Occident est en tête pour se demander si nous voulons vraiment des villes intelligentes. Le fossé entre ces deux positions nous coûte l'avenir de l'innovation urbaine. Mais il existe une troisième voie, qui commence par des principes, et non par des produits.
Le déficit de confiance dans les technologies urbaines
Lorsque Microsoft Teams a annoncé qu’il allait suivre la présence au bureau via la connexion Wi-Fi, la polémique a été immédiate. Cette technologie existe depuis toujours. Les entreprises mesurent l’utilisation des locaux depuis des décennies. Mais pour de nombreux employés, cette surveillance passive par le biais des données de connectivité a franchi une ligne rouge.
Il ne s'agit pas d'une réaction isolée. Elle est révélatrice d'une inquiétude culturelle plus profonde concernant le rôle de la technologie dans la vie urbaine. Lorsque les gens pensent aux « villes intelligentes », ils imaginent des États surveillants, et non des infrastructures optimisées. Le dernier film de la série Mission : Impossible s'articule précisément autour de cette crainte : une entité dotée d'intelligence artificielle qui contrôle les médias et manipule la société. Ce cadre dystopique trouve un écho particulier, car il fait écho à une préoccupation réelle : qui contrôle les données et qu'en fait-on ?
Le problème, c'est ce faux dilemme : vie privée contre progrès. Il freine l'innovation urbaine essentielle au moment même où les villes ont le plus besoin de la technologie.
Pourquoi les principes doivent primer
C'est pourquoi l'initiative « Quantum City » repose sur cinq principes fondamentaux : la liberté individuelle, le dynamisme économique, l'efficacité des systèmes, une conception centrée sur le citoyen et l'informatique urbaine. Lorsque l'on donne la priorité aux valeurs, l'architecture technologique découle de ces principes, plutôt que d'imposer des valeurs par le biais de la technologie.
Les villes sont le principal moteur du PIB. L'économie résout la plupart des problèmes. Mais une croissance économique dépourvue d'autonomie individuelle engendre des modèles autoritaires qui ne reflètent pas les valeurs occidentales. Nous ne pouvons pas abandonner l'innovation urbaine à des modèles qui traitent les citoyens comme de simples données plutôt que comme des agents autonomes.
Les cinq principes de Quantum City définissent des lignes directrices pour le déploiement des technologies :
La liberté individuelle signifie que la technologie est au service des personnes, et non l'inverse. La collecte de données ne doit pas impliquer de renoncer à son autonomie. Les citoyens gardent le contrôle de leurs données et de la manière dont elles sont utilisées.
Le dynamisme économique empêche la mainmise sur la réglementation. Lorsque Sam Altman, d'OpenAI, a témoigné devant le Congrès au sujet des risques liés à l'IA, il a présenté son entreprise comme le gardien du système. Bill Gurley qualifie cela de « mainmise sur la réglementation »: lorsque des acteurs dominants utilisent la réglementation pour se fermer la porte derrière eux. Les marchés libres et la concurrence ouverte donnent de meilleurs résultats que les monopoles bien établis, protégés par des exigences de conformité complexes.
L'efficacité des systèmes met l'accent sur les résultats mesurables plutôt que sur l'innovation pour l'innovation. Les villes ne devraient pas adopter une technologie simplement parce qu'elle est à la mode. Elles devraient l'adopter parce qu'elle apporte des améliorations quantifiables à l'expérience des citoyens et au fonctionnement des services municipaux.
Une conception centrée sur le citoyen nécessite un partage des données fondé sur le consentement et des algorithmes transparents. Les citoyens doivent savoir quelles données sont collectées, comment elles sont utilisées et qui y a accès. L'opacité engendre la méfiance.
City Compute fournit une infrastructure qui favorise le libre choix plutôt que d'imposer un comportement. On peut la considérer comme une architecture de plateforme pour la vie urbaine : des systèmes qui rendent l'adhésion avantageuse sans que le refus ne soit pénalisant.
Ce que les villes intelligentes pourraient réellement apporter
Imaginez que vous puissiez régler vos factures municipales avec la même fluidité que celle offerte par les meilleures applications du secteur privé. Imaginez un État de droit mieux appliqué, avec des lois conçues pour préserver les libertés plutôt que pour les restreindre. Imaginez pouvoir mener vos activités commerciales, construire et voter avec beaucoup moins de difficultés, tout en bénéficiant d'une transparence totale sur les procédures et l'utilisation des données.
Il ne s'agit pas là de fantasmes sur un État policier. Il s'agit de services aux citoyens optimisés grâce à des infrastructures intelligentes. La technologie nécessaire pour faire des villes des lieux où l'on vit des expériences vraiment exceptionnelles existe déjà. Ce qui manque, ce n'est pas la capacité technique, mais la confiance, qui se construit par un déploiement respectueux de principes.
Voyons à quoi cela ressemble concrètement. Des systèmes de stationnement dynamiques qui vous aident à trouver une place sans suivre chacun de vos mouvements. Des systèmes de climatisation qui optimisent le confort et l'efficacité tout en permettant aux occupants du bâtiment de contrôler leur environnement immédiat. Une maintenance prédictive qui résout les problèmes avant qu'ils ne deviennent des urgences, financée par des économies transparentes plutôt que par une monétisation cachée des données.
Il s'agit d'une approche informatique au service de l'expérience citoyenne. C'est la méthodologie REX appliquée aux infrastructures urbaines : mesurer ce qui compte, produire des résultats mesurables et garantir la transparence sur le fonctionnement du système.
L'alternative aux États de surveillance
Nous n'allons pas réduire nos mesures à l'avenir. Tout au long de l'histoire de l'humanité, nous avons toujours mesuré davantage, et non moins. La question n'est pas de savoir si les technologies des villes intelligentes seront mises en œuvre. La question est de savoir si elles seront mises en œuvre en intégrant dès le départ la participation des citoyens, ou si celle-ci sera ajoutée après coup, comme une simple formalité.
Les modèles autoritaires progressent sans entrave car ils n'ont de comptes à rendre à aucun citoyen. Les sociétés démocratiques ne peuvent pas rivaliser en renonçant à leurs principes démocratiques. Nous rivalisons en démontrant qu'une conception centrée sur le citoyen permet d'obtenir des résultats équivalents, voire supérieurs, tout en respectant la liberté individuelle.
Dans la « Quantum City », la technologie rend les villes plus agréables à vivre, car les citoyens ont le pouvoir de décider de leur participation. Il ne s'agit pas d'une surveillance dystopique, mais d'infrastructures intelligentes fondées sur des valeurs qui reflètent qui nous sommes et ce en quoi nous croyons.
L'avenir appartient aux villes qui parviennent à percer ce mystère : une amélioration tangible grâce à des systèmes transparents auxquels les citoyens choisissent de participer parce qu'ils leur apportent une réelle valeur ajoutée. Bienvenue sur la troisième voie.
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